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Émile MAILLARD - (45815 ?)

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Émile, Charles, Maillard naît le 25 janvier 1905 à Venizel (Aisne - 02), fils de Julien Maillard, 46 ans, sommelier, et de Marie Jourden, 30 ans, son épouse.

Le 26 septembre 1931, à Soissons, Émile Maillard se marie avec Andréa Tugant. Mais le couple divorce le 21 février 1939.

Au moment de son arrestation, Émile Maillard est domicilié au 41 bis, Cité-du-Bois à Soissons (02).

Sa profession reste à préciser…

Le 30 septembre 1941, au lendemain de l’attaque d’une sentinelle allemande à Courmelles (terrain d’aviation ?), il est arrêté comme otage communiste, avec 17 autres militants de l’Aisne, dont Léon Busarello, Jean Guier et Charles Del-Nero ; une arme a été trouvée chez un militant communiste de Courmeilles, Gaston Pinot [1].

Émile Maillard est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 - Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de marchandises de Compiègne et entassés dans des wagons à bestiaux. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Émile Maillard est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I), peut-être sous le numéro 45815 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 20 août 1942, d’après les registres du camp [2] ; un mois et demi après l’arrivée du convoi.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. 16-07-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 360 et 412.
- Archives départementales de l’Aisne, site internet, archives en ligne, registre d’état civil de Venizel pour l’année 1905, acte, n° 2 (vue 2/10).
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC)s, doc. XLIV-25 (lettre de la Feldkommandantur 527 de Soissons).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 760 (23112/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 24-04-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Gaston Pinot : le 9 octobre 1941, un avis (Bekanntmachung - texte noir sur fond jaune) de l’armée d’occupation informe la population du Soissonnais que ce forgeron (ou cantonnier) de Courmelles a été fusillé à Laon (02) pour détention d’armes. Après la Libération, le Conseil municipal de Courmelles donne son nom à la place de l’Hôtel de Ville.

[2] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France :

Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil - dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés - ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant d’Émile Maillard, c’est le 6 juillet 1942 « en déportation » qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.