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Quelques précisions
sur Israël Meyer Kupferman 46291 :

Israël
Kupferman (1904-1942) et Frania Rothblum-Propper (1905-1992),
qui deviendra Claude François-Unger.
Né
le 25 mai 1904 à Tarnow (Pologne), il arrive en France le 14 novembre
1930.
Vers 1933, il épouse Frania Rothblum-Propper, née le 1er juin
1905 à Cracovie (Pologne). Ils ont un fils, Fred, né en 1934 à
Paris (75).
Israël Kupferman travaille comme ingénieur des Travaux publics (diplômé
des Ponts-et-Chaussées ?).
Pendant la guerre d’Espagne, il part combattre dans les rangs des républicains
en lutte contre la rébellion du général Franco, soutenue
par Hitler et Mussolini.
Il existe une incertitude sur son domicile durant la guerre : à Auschwitz,
il sera enregistré comme domicilié au 36, rue Monge à Paris
5e.
Mais, dans cette période, la famille habite également au 3, rue
Jean-Sicard à Paris 15e, qui est peut-être une planque fournie
par la Résistance afin d’y installer un matériel permettant
d’imprimer des affichettes (c’est à cette adresse que la
famille vivra après la guerre).
Le couple est actif dans un réseau de Résistance aux côtés
de Marguerite Camplan, dite "Peggy", Simone Chaye, Sacha Segal (physicien
enseignant au Collège de France) et son épouse, Tedy Segal (oenologue).
Le responsable de leur groupe pour l’ouest de Paris est Laborde (après
la guerre, les Segal partiront en République Démocratique Allemande,
témoignant ainsi de leur engagement communiste).
Le 14 mai 1941, Israël Kupferman est arrêté. Il fait probablement
partie des milliers de juifs étrangers résidant à Paris
convoqués par la police française pour être aussitôt
arrêtés (rafle dite “du billet vert” *)
et dirigés vers les camps français de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande
(tous deux dans le Loiret - 45) ; Israël Kupferman est interné au
camp de Pithiviers.
Le 6 juin 1942, il est transféré au camp allemand de Royallieu
à Compiègne (Oise - 60), Frontstalag 122 - Polizeihaftlager,
gardé par la Wehrmacht.
Entre la fin avril et la fin juin 1942, il est sélectionné avec
plus d’un millier d’otages désignés comme communistes
et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la
déportation a été décidée en représailles
des actions armées de la résistance communiste contre l’armée
allemande (en application d’un ordre de Hitler). D’après
la liste reconstituée du convoi, Israël Kupferman est sélectionné
comme otage juif.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous
escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans
des wagons de marchandises ; le train part à 9 h 30.
Le 8 juillet 1942, Israël Kupferman est enregistré à Auschwitz
sous le numéro 46291 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a
été retrouvée après le matricule 46172).
Il meurt à Auschwitz le 4 août 1942, selon les registres du camp
(un mois après l’arrivée du convoi).
Son épouse reste active dans la Résistance sous le pseudonyme
de Claude François.
Pendant cette période, son fils, Fred, vit caché dans une école
catholique de Montmorency dirigée par Mademoiselle Massard, qui héberge
d’autres enfants juifs.
Israël Kupferman est homologué comme “Déporté
politique”.
Par arrêté du ministre des anciens combattants et victimes de guerre
en date du 13 mars 1995, il est décidé d'apposer la mention «
Mort en déportation » sur les actes de décès
(J.O. du 26-04-1995).
Dès 1945, Claude François-Unger (“Madame François”)
fonde avec Mesdames Chaille et Camplan la Maison du Renouveau, à Montmorency,
dont elle prend la direction et qui accueille des enfants juifs victimes de
la guerre. Ecrivain et pédagogue hors du commun, elle fait de son établissement
éducatif, devenu un centre d’éducation pour adolescents
inadaptés (Le Renouveau), une petite république d’enfants
dans une démarche similaire à celle de Janusz Korczak, qu’elle
défend avec passion à la fin de sa vie (Présidente de l'association
en France) ; à l’occasion d’un anniversaire, les enfants
et l’équipe lui offrent une représentation du “Roi
Mathias”, de J. Korcszak.
Membre du Bureau national du Groupe français d’éducation
nouvelle (GFEN - lié au plan Langevin-Wallon), elle est notamment l’auteur
de L’adolescent inadapté (1957 - PUF "Pédagogie d’aujourd’hui",
1974).
Décédée en 1992, elle est enterrée à Montmorency,
dont elle a été nommée Citoyenne d’honneur.Devenu
historien, enseignant à la Sorbonne et à “Sciences Po”,
Fred Kupferman est l’auteur de plusieurs livres et articles. Il passe
des années à écrire une biographie de Pierre Laval,
un homme « qui ne l’aimait pas » (en tant
qu’enfant juif). Cet ouvrage de référence, dépassionné,
paraît en 1987, un an avant le décès de son auteur à
cinquante-quatre ans. Sur son lit de mort, l’historien exprime encore
le regret de ne pas connaître avec précision (circonstances et
dates) le destin de son père, Israël Kupferman.
Son Pierre Laval, préfacé par Henri Rousso, est réédité
aux éditions Tallandier en 2006. Il a également publié
: Le complot du télégraphe, avec Sigrid Kupferman, son
épouse, Hachette.
Au pays des Soviets, le voyage français en Union soviétique,
1917-1939, Gallimard-Julliard, 1979.
Les premiers beaux jours, 1944-1946, Calmann-Lévy, Questions d’actualité,
Paris, 1985.
La nuit des dragons, avec Sigrid Kupferman, et Yves Beaujard (illustration),
éditions Hachette Jeunesse, 2002 (réédition).
Mata Hari : songes et mensonges, Editions Complexe, 2005 (réédition).
Le procès de Vichy : Pucheu, Pétain, Laval (1944-1945),
Editions Complexe, 2006 (réédition).
Voyage au pays des soviets et Les premiers beaux jours seront republiés
en 2007 aux éditions Tallandier terminant ainsi la réédition
complète des œuvres de Fred Kupferman.
* Le 14 mai 1941, les Juifs étrangers
sont convoqués individuellement, pour un « examen de situation
», dans cinq centres : caserne de Napoléon, caserne des Minimes,
rue Edouard-Pailleron, rue de la Grange aux Belles, gymnase Japy. La lettre
de convocation précise que chacun doit se présenter en personne,
accompagné d’un membre de sa famille. « La personne qui
ne se présenterait pas aux jours et heures fixés, s’exposerait
aux sanctions les plus sévères ». Ceux qui se présentent
ne sont pas libérés. L’accompagnateur est chargé
de rapporter une valise et un minimum d’effets personnels.
3 710 hommes (2140 selon une autre source) sont ainsi arrêtés et
internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, anciens camps
de prisonniers de guerre. Parmi eux se trouvent 3 430 Juifs polonais, 123 Juifs
apatrides et 157 Juifs tchèques. (http://www.camp-de-drancy.asso.fr/fr/cdd.htm)
Sources
:
- Laurent Kupferman, son petit-fils (témoignage, documents : portraits,
copie de l’acte d'état-civil de la ville d'Auschwitz), septembre-octobre
2006.
- Son nom et son matricule figurent sur la « Liste officielle n°3
des décédés des camps de concentration d’après
les archives de Pologne » éditée le 26 septembre 1946
par le ministère des anciens combattants et victimes de guerre, page
60.
- Liste partielle du convoi établie par le Musée d’État
d’Auschwitz-Birkenau.
- Archives du monde combattant, ministère de la Défense,
Caen (anciennement secrétariat d’État aux Anciens combattants
et victimes de guerre).
Mémoire
Vive
(dernière mise à jour le 13 janvier 2007)
Fiche rédigée en hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.
Cette
notice biographique doit être considérée comme un
document provisoire établi à partir des archives et témoignages
connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s'y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources). |